
Terres indomptées (Les)
| Aussi disponible en version numérique: |
Au plus creux de l’hiver 1610, une jeune servante fuit la famine et la maladie qui règnent sur un fort colonial de Virginie pour s’enfoncer dans les étendues sauvages. Là, corps et esprit chercheront fiévreusement leur nourriture. De rencontres fugaces et violentes en abris improbables, entre les rivières tumultueuses et les moments d’extase, l’héroïne avance et se laisse traverser par le souvenir d’une enfance de servitude en Europe, et de sa difficile traversée vers l’Amérique.
Avec la fougue et l’ampleur qui ont fait sa marque, Lauren Groff nous propulse au cœur d’une nature vibrante et toute-puissante. Les terres indomptées est un roman d’aventure où la survie et la transcendance se rencontrent, signé par l’une des écrivaines les plus remarquables de notre époque.
L’autrice
Lauren Groff
Trois fois finaliste au National Book Award, Lauren Groff est l’autrice des bestsellers Les monstres de Templeton, Les furies, Matrix et Les terres indomptées, ainsi que de Fugues et Floride, deux recueils de nouvelles salués par la critique. Elle a remporté le prix Story et le prix Joyce-Carol-Oates, et a été finaliste pour le National Book Critics Circle Award. En 2024, le magazine Time l’a citée dans sa liste des cent personnes les plus influentes. Les textes de Lauren Groff paraissent régulièrement dans The New Yorker, The Atlantic et ailleurs. Son œuvre a été traduite en trente-six langues. Elle vit à Gainesville, en Floride, où elle et son mari dirigent une librairie, The Lynx.
La traductrice
Carine Chichereau
Passionnée de littérature, Carine Chichereau est l’auteure de plus d’une cinquantaine de traductions, dont Certaines n’avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka (Phébus), prix Femina 2012 en littérature étrangère. Elle est également la traductrice attitrée de Joseph O’Connor et de Lauren Groff. Sa dernière traduction parue, Deux garçons, la mer, de Jamie O’Neill (Libretto), est un des livres qui l’a le plus bouleversée.
Et elle s’enfonça dans les bois sur le versant, parmi les ronces et les épines qui agrippaient sa cape en laissant de petits trous qu’elle découvrirait plus tard, et elle glissait dans la boue, et tandis qu’elle forçait son corps qui protestait, la douleur devenait si terrible en son sein qu’elle ne savait plus comment la contenir. Dans la forêt régnait un calme inhabituel, les oiseaux avaient tu leurs chants d’amour pour s’en retourner à leurs nids, et les bêtes observaient de là où elles s’étaient cachées. C’était un lieu étrange et sauvage, car un vent terrible avait dû souffler quelques saisons plus tôt, déracinant les arbres, et ils gisaient à terre, nombreux, des pans de boue et des rochers retenus prisonniers par leurs racines exposées. Avec la fièvre, elle sentait dans sa chair ces racines à l’air libre, aussi sensibles qu’une rage de dents, écho de ses propres souffrances.
Puis la lumière de la forêt vira au vert, vert sombre et menaçant, le vent tomba et tout se tut.
Dépêche-toi, ma fille, trouve un endroit où te cacher, se dit-elle à haute voix.
NB : Les prix indiqués sont sujets à changements sans préavis.