
Temps des sucres (Le)
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Libraire raffiné, citadin invétéré, Guillaume Lacerte n’a jamais accordé d’importance à ses racines. Avec sa mère diététicienne et ennemie du sucre, il a quitté le village de Saint-Calixa à l’âge de cinq ans pour ne plus jamais y retourner. Jusqu’à ce que la mort de son père le ramène au lieu de ses origines, où les Lacerte exercent leur règne viril sur une érablière qui produit un prodigieux sirop aux propriétés très particulières. Il y retrouve son grand-père Virgil ainsi que les cousins de son père, une tribu de mâles alpha dont le délicat Guillaume est le dauphin. Sitôt les funérailles terminées, Virgil entreprend de convaincre Guillaume de renouer avec ses racines en participant à la récolte de l’eau d’érable.
Malgré ses réticences, Guillaume accepte de s’enfoncer dans la mystérieuse forêt. À travers la correspondance d’un ancien moine, on découvre que, plusieurs siècles auparavant, cette forêt qui semble dotée d’une volonté propre a tourmenté puis anéanti un groupe de moines trappistes. Laissée à l’abandon, elle a finalement été reprise par l’ancêtre des Lacerte qui a trouvé un moyen de la dompter. Effrayé et mal à l’aise sur cette terre où il se sent étranger, Guillaume se perd lors d’une marche qui prend bientôt des airs de parcours initiatique. Lorsqu’il atteint finalement le cœur de la forêt, cependant, il s’est déjà défait d’une couche de son manteau de citadin. Avisant la cabane à sucre perchée entre les branches d’un érable centenaire baptisé le Vénérable, il décide de laisser libre cours à la part de lui-même qui a toujours été refoulée.
Enivré d’eau d’érable et de viande crue, Guillaume prend goût à la partie de sucre orchestrée par son grand-père et ses cousins, et se laisse emporter par leurs rituels musclés. Il affronte ainsi dépeçage d’animaux, bagarres et scarification, de plus en plus convaincu par l’univers masculin et rustique que lui proposent les Lacerte. Mais il ne se doute pas de ce qui dort véritablement entre les racines de ces bois maudits. Lorsqu’enfin, entraîné par son aïeul, il découvrira le secret du goût si particulier du sirop de Saint-Calixa, la seule issue possible sera la destruction.
Dans ce huitième roman, Martine Desjardins déploie une fois de plus son talent pour constituer des cultes et croyances aussi uniques que signifiants. Avec Le temps des sucres, elle s’attaque à l’univers très codifié de la virilité masculiniste pour le conjuguer avec l’imaginaire forestier québécois. Ce faisant, elle s’approprie et détourne un genre que certains nomment « l’école de la chainsaw », pour offrir un roman de folk horror à saveur aussi sucrée qu’amère.
Martine Desjardins est née à Mont-Royal, dans la rue où elle vit encore aujourd’hui. Après des études de littérature comparée, elle a travaillé pour plusieurs magazines et a tenu la chronique Livres à L’actualité pendant dix ans. Lauréate du prix Ringuet pour L’évocation, elle a reçu le prix Jacques-Brossard pour La chambre verte ainsi que pour Maleficium, aussi récipiendaire du prix Sunburst. Méduse, son plus récent roman, a remporté les prix Libr’à Nous et Elbakin, en plus d’avoir été finaliste aux prix Jacques-Brossard et Aurora Boréal.
« Martine Desjardins aime les univers baroques, les mondes légèrement surréalistes, les images qui surprennent et dérangent. »
– La Presse
« Une autrice qui fabrique « du poison dont on redemande. »
– Les Libraires
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