
Un printemps ottoman
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Été 1908. Après des décennies d’un régime autocratique, l’Empire ottoman
connaît soudain une vague de liberté sans précédent. Des chrétiens, des
juifs et des musulmans s’embrassent dans les rues aux cris de « vive la
liberté ! ». De multiples mobilisations populaires voient le jour,
impliquant des jeunes, des femmes ou des ouvriers.
La révolution
jeune-turque est en marche. Elle est le résultat d’un coup de force
organisé par des officiers de la IIIe armée de Macédoine qui, en
menaçant de marcher sur Istanbul, ont contraint le sultan Abdülhamid II
(1876-1909) à établir un régime parlementaire. Inspirée par les idées de
patrie, de liberté, de justice et de progrès, l’action des Jeunes Turcs,
patiemment préparée, déclenche une séquence d’événements déterminants
pour l’avenir de la région, depuis les Balkans jusqu’au Moyen-Orient : à
la fête révolutionnaire et aux élections à la Chambre des députés,
succèdent, dès 1909, une tentative de contre-révolution à Istanbul, une
explosion de violences contre la communauté arménienne d’Adana, l’envoi
en exil du sultan, puis la relance d’une révolution de plus en plus
teintée d’illibéralisme.
L’ouvrage de François
Georgeon, synthèse de nombreuses années de recherches, livre la première
étude en français sur cette révolution cruciale mais souvent oubliée. Il
la replace dans le contexte historique global (guerre russo-japonaise de
1905, mouvements constitutionnalistes en Russie et en Iran, apogée de
l’impérialisme européen, déchaînement des nationalismes) et en analyse
les paradoxes : pourquoi cette révolution, qui avait suscité
l’enthousiasme et levé tant d’espoirs a-t-elle débouché sur une série de
drames : la dictature des Jeunes Turcs, le génocide des Arméniens, les
défaites dans la Première Guerre mondiale et, pour finir, l’effondrement
de l’Empire ottoman ?
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