Rouge sang

Rouge sang
Crimes et sentiments en Grèce et à Rome
Bodiou, Lydie  
  • Éditeur : Les Belles Lettres
  • Collection : Signets Belles Lettres (#24)
  • EAN : 9782251030241
  • Format : Poche
  • Pages : 358
  • Prix : 27,95 $
  • Paru le 18 janvier 2016

Aujourd'hui, l'Antiquité fantasmée est rouge. L’imaginaire collectif contemporain perçoit le monde des Grecs et des Romains comme sanglant, sanguinaire voire sanguinolent. Du sang du crime à celui du combat, du sacrifice au martyre, de la magie à la cuisine, de la pourpre sénatoriale aux fards des courtisanes, un univers rouge ressort de cette Antiquité fantasmée. Les tragédies, les romans, les bandes dessinées, les péplums ont véhiculé l’idée d’une société où le sang et les larmes étaient abondamment versés par une communauté « primaire », livrée à ses instincts et à ses peurs. Sur la scène du théâtre, dans l’arène, sur le champ de bataille, le sang coule. Sang vengeur, sang du spectacle, sang de la victoire âprement gagnée ou de la défaite humiliante, il permet aussi la communication avec le divin. Or si les textes antiques offrent de quoi rassasier les amateurs de sang, ils sont loin de s’y limiter: du vêtement porté avec ostentation à la joue que l’on maquille, du pétale de la fleur épanouie à la lèvre soulignée, le rouge, rosé ou soutenu, se dévoile, se montre, s’affiche ou se cache, pour nous parler d’amour et parfois nous faire rougir. Arme politique ou arme d’un règlement familial, il est aussi un maillon essentiel de la filiation, la couleur éclatante du sentiment partagé, de la première émotion amoureuse, celle de la fleur cueillie et odorante, mais surtout celle de la pourpre qui signifie le luxe et l’opulence.

Le présent recueil est constitué d’une centaine de textes d’auteurs grecs et latins (Homère, Prudence, Hippocrate, Lucien, Dracontius ... ) qui offrent une approche inédite de l’histoire et l’anthropologie de l’Antiquité autour d’un fil rouge.

AUTEUR(S)

Lydie Bodiou, maître de conférences d’histoire ancienne à l’université de Poitiers, travaille sur l’histoire des femmes, du genre et des pratiques sociales et culturelles.

Véronique Mehl, maître de conférences d’histoire grecque à l’université de Bretagne Sud, travaille sur l’histoire de la religion grecque et des pratiques sociales.

Elles travaillent ensemble sur l’histoire du corps, des sensibilités et de la perception. Elles ont déjà co-dirigé dans la collection Signet, Odeurs antiques (2011) ainsi que L’expression des corps. Gestes, attitudes, regards dans l’iconographie antique (Rennes, PUR, 2006) ; La religion des femmes en pays grec. Mythes, cultes et société (Rennes, PUR, 2008) et Corps outragés, corps saccagés de l‘Antiquité au Moyen Âge (Brépols, Turnhout, 2011).

Table des matières

Entretien avec Françoise Héritier
Cartes

I. Voir rouge
Le sang au quotidien
Le champ d’horreur
Quand le sang fait spectacle
La vie en rouge
II. Le sang fait corps
Lectures physiologiques
Le sang comme élément classificatoire
Quand le sang dit la maladie
Soigner par le sang
Le bouleversement des humeurs
La couleur des sentiments
Coup de sang
Pâlir, blêmir…
III. Communauté de sang
Les liens du sang
De sang et de sperme
Faire communauté
Souder la communauté
La communauté en sang
Les pouvoirs du sang
Magie, sortilèges et mauvais présages
Communiquer avec le sang
Laver le sang impur
La naissance des fleurs
Du sang, de la peine, des larmes et de la sueur
Le modèle héroïque
Verser son sang pour sa patrie
À corps ouverts
Dommages collatéraux
IV. De grands sanguinaires
Les dieux ont soif
La folie meurtrière
Femmes fatales
Cet Autre si cruel
Le sang du pouvoir
Les « auteurs » du Signet

Pour aller plus loin
Sources
Suggestions bibliographiques




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